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Victime de CRS, une femme d'origine mauricienne est
poursuivie pour "dénonciation calomnieuse"
Maryse L. s'est-elle introduite elle-même une lanière de cuir d'un équipement
de CRS dans le vagin, alors qu'elle était en garde à vue au commissariat
d'Argenteuil ? Ce soir là, cette femme d'origine mauricienne était au
volant de sa voiture, sur l'autoroute A3, quand la police municipale d'Aulnay-sous-Bois
(Seine-Saint-Denis) l'a arrêtée pour conduite en état d'ivresse. Elle
a alors été livrée à quatre CRS du commissariat d'Argenteuil (Val-d'Oise)
qui patrouillaient en Seine-Saint-Denis. Livrée…
Le lendemain matin, le 16 août, Maryse a refait surface, et s'est fait
conduire à l'hôpital, où o lui a retiré la fameuse lanière de cuir. Puis
elle s'est traînée au commissariat pour porter plainte. Elle affirme qu'elle
a été, durant quatorze heures, violée, torturée et insultée par ces quatre
CRS. Elle a essuyé de multiples insultes racistes, et les certificats
médicaux de son dossier, concernant l'agression sexuelle, sont "édifiants".
Pourtant, au parquet de Pontoise, on nous apprend que l'affaire a été
classée sans suite "au regard de l'enquête de l'IGPN, en l'absence d'infraction
caractérisée". Ce qui s'est passé lors de cette nuit du 15 au 16 août
1999 se trouve en effet dans cette zone d'ombre qui entoure si souvent
les bavures policières.
Elle s'est violée toute seule
L'avocat de Maryse, Me Thiant, se contente de pointer quelques contradictions.
Ainsi, Maryse, lors de son interpellation, a fait une chute qui l'a blessée.
Cet incident n'a pas été noté par les policiers sur la "main courante".
Deuxième phénomène étrange, l'un des CRS a réalisé, au cours de la nuit
du 15 au 16 août, qu'il lui manquait son sifflet, ses gants et une… lanière
de cuir. Il a demandé à une femme policier de fouiller la cellule de Maryse,
mais elle n'a rien trouvé. Ce deuxième incident n'a pas non plus été noté
sur la main courante…
Aujourd'hui, c'est Maryse qui est poursuivie pour "dénonciation calomnieuse"
contre les CRS ! Parmi le collectif de soutien à Maryse, qui regroupe
différentes associations, les membres du MRAP ne s'en étonnent pas : "Souvent,
la police précède la victime dans les poursuites, pour lui couper l'herbe
sous le pied." Mais Maryse n'a pas abandonné la partie. Le 3 novembre,
elle a déposé de nouveau une plainte contre X, pour "viol et acte de barbarie".
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