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Les jurés de la cour d'assises des Alpes-de-Haute-Provence ont suivi
hier le réquisitoire de l'avocat général et condamné Boualem Guennas à
cinq ans de prison avec sursis. Ce CRS marseillais était poursuivi pour
le meurtre de Rachid Cherchoub, un jeune délinquant, qu'il avait surpris
en flagrant délit de fuite après un vol. La défense, elle, avait plaidé
l'acquittement. La dernière journée du procès a permis de confirmer que,
le soir du drame, Guennas portait une arme qu'il n'avait jamais utilisé.
Un dysfonctionnement que le président de la cour a estimé aussi grave
que le cas "d''une infirmière qui va dans un service hospitalier sans
avoir jamais fait de piqûres !". Le commandement des CRS a ainsi admis
qu'un des leurs puisse "se promener avec une arme qu'il n'a jamais utilisée".
Hier soir, on ne savait pas si le CRS marseillais serait révoqué de la
police.
Hier soir, à Digne, les jurés ont suivi le réquisitoire
de l'avocat général et condamné Boualem Guennas. La défense avait plaidé
l'acquittement
Dans une salle d'audience aux trois-quarts occupée par des policiers
venus soutenir leur collègue, la dernière journée du procès du CRS marseillais,
Boualem Guennas, devant la cour d'assises des Alpes-de-Haute-Provence,
n'a fait que confirmer ce que les jurés savaient déjà. Lorsque le moniteur
de tir de la CRS 55 a affirmé que "Guennas n'était jamais venu à une séance
de tir au pistolet", le président Malatrasi se demande alors s'il existe
des règles édictées par la hiérarchie policière concernant la formation
des CRS. "C'est en fonction de la disponibilité, de l'emploi du temps...Par
ailleurs, quand un policier arrive, on ne s'assure pas s'il sait se servir
de l'arme".
Au-delà de ce procès, c'est bien l'administration et ses dysfonctionnements
qui sont mis en cause. Pour le président de la cour, "c'est aussi grave
qu'une infirmière qui va dans un service hospitalier sans avoir jamais
fait de piqûres !". Le commandement des CRS admet qu'un des leurs puisse
"se promener avec une arme qu'il n'a jamais utilisée".
Légèreté de la police
Pour la partie civile, la mère de Rachid Cherchoub est venue parler de
son fils, à la barre. Là, Guennas, digne, lui a demandé pardon, dans sa
langue natale. Elle a accepté.
Durant les plaidoiries, Me Auda, défenseur des intérêts de la famille
Cherchoub, met en exergue les légèreté de la police qui "n'a pas approfondi
l'enquête car c'était l'un des siens". Il estime par ailleurs que Guennas
"ment parfois sur le déroulement exact des faits" et demande aux jurés
de condamner un homme qui a donné la mort mais qui n'a jamais fait de
prison".
Pour l'avocat général, le policier a perdu son sang-froid: "c'est inadmissible
de la part d'un CRS, là, il s'agit de circonstances aggravantes lorsqu'on
est policier et chargé de l'autorité publique". Pour le ministère public,
Guennas pouvait intervenir sans sortir son arme "à la va-vite". Et de
s'interroger sur l'opportunité de boire de l'alcool avant de prendre son
service ! Quand il porte des coups, ce CRS avait bien le doigt sur la
détente du pistolet; vous ne le condamnerez pas comme un assassin mais
comme un policier". Elle requiert 5 ans de prison avec sursis. Elle sera
parfaitement suivie par les jurés alpins, peu sensibles à la double plaidoirie
de la défense Me Bayetti et Me Mercier, demandant l'acquittement de leur
client.
Le premier car "Guennas est responsable mais pas coupable", la seconde,
avocate du syndicat de la police, "parce qu'au sein de la police, il n'y
a pas que des ripoux; il ne faut pas jeter la suspicion systématiquement
mais sachez que les CRS doivent faire du chiffre et se donner à 100%..."
Ainsi condamné, le CRS marseillais sera-t-il finalement révoqué de la
police, restera-t-il "au placard" dans un bureau comme c'est le cas depuis
l'affaire ou retournera-t-il sur la voie publique ? Seule la grande famille
des CRS connaît la réponse.
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