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Bavure precedente Digne : le CRS marseillais condamné à 5 ans de prison avec sursis Bavure suivante
La Provence - Vendredi 26 novembre

Les jurés de la cour d'assises des Alpes-de-Haute-Provence ont suivi hier le réquisitoire de l'avocat général et condamné Boualem Guennas à cinq ans de prison avec sursis. Ce CRS marseillais était poursuivi pour le meurtre de Rachid Cherchoub, un jeune délinquant, qu'il avait surpris en flagrant délit de fuite après un vol. La défense, elle, avait plaidé l'acquittement. La dernière journée du procès a permis de confirmer que, le soir du drame, Guennas portait une arme qu'il n'avait jamais utilisé. Un dysfonctionnement que le président de la cour a estimé aussi grave que le cas "d''une infirmière qui va dans un service hospitalier sans avoir jamais fait de piqûres !". Le commandement des CRS a ainsi admis qu'un des leurs puisse "se promener avec une arme qu'il n'a jamais utilisée". Hier soir, on ne savait pas si le CRS marseillais serait révoqué de la police.

Hier soir, à Digne, les jurés ont suivi le réquisitoire de l'avocat général et condamné Boualem Guennas. La défense avait plaidé l'acquittement

Dans une salle d'audience aux trois-quarts occupée par des policiers venus soutenir leur collègue, la dernière journée du procès du CRS marseillais, Boualem Guennas, devant la cour d'assises des Alpes-de-Haute-Provence, n'a fait que confirmer ce que les jurés savaient déjà. Lorsque le moniteur de tir de la CRS 55 a affirmé que "Guennas n'était jamais venu à une séance de tir au pistolet", le président Malatrasi se demande alors s'il existe des règles édictées par la hiérarchie policière concernant la formation des CRS. "C'est en fonction de la disponibilité, de l'emploi du temps...Par ailleurs, quand un policier arrive, on ne s'assure pas s'il sait se servir de l'arme".

Au-delà de ce procès, c'est bien l'administration et ses dysfonctionnements qui sont mis en cause. Pour le président de la cour, "c'est aussi grave qu'une infirmière qui va dans un service hospitalier sans avoir jamais fait de piqûres !". Le commandement des CRS admet qu'un des leurs puisse "se promener avec une arme qu'il n'a jamais utilisée".

Légèreté de la police

Pour la partie civile, la mère de Rachid Cherchoub est venue parler de son fils, à la barre. Là, Guennas, digne, lui a demandé pardon, dans sa langue natale. Elle a accepté.

Durant les plaidoiries, Me Auda, défenseur des intérêts de la famille Cherchoub, met en exergue les légèreté de la police qui "n'a pas approfondi l'enquête car c'était l'un des siens". Il estime par ailleurs que Guennas "ment parfois sur le déroulement exact des faits" et demande aux jurés de condamner un homme qui a donné la mort mais qui n'a jamais fait de prison".

Pour l'avocat général, le policier a perdu son sang-froid: "c'est inadmissible de la part d'un CRS, là, il s'agit de circonstances aggravantes lorsqu'on est policier et chargé de l'autorité publique". Pour le ministère public, Guennas pouvait intervenir sans sortir son arme "à la va-vite". Et de s'interroger sur l'opportunité de boire de l'alcool avant de prendre son service ! Quand il porte des coups, ce CRS avait bien le doigt sur la détente du pistolet; vous ne le condamnerez pas comme un assassin mais comme un policier". Elle requiert 5 ans de prison avec sursis. Elle sera parfaitement suivie par les jurés alpins, peu sensibles à la double plaidoirie de la défense Me Bayetti et Me Mercier, demandant l'acquittement de leur client.

Le premier car "Guennas est responsable mais pas coupable", la seconde, avocate du syndicat de la police, "parce qu'au sein de la police, il n'y a pas que des ripoux; il ne faut pas jeter la suspicion systématiquement mais sachez que les CRS doivent faire du chiffre et se donner à 100%..." Ainsi condamné, le CRS marseillais sera-t-il finalement révoqué de la police, restera-t-il "au placard" dans un bureau comme c'est le cas depuis l'affaire ou retournera-t-il sur la voie publique ? Seule la grande famille des CRS connaît la réponse.

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