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Le gardien de la paix auteur du coup de feu qui a grièvement blessé Farad
Boukhalfa, 22 ans, dans la nuit de mercredi à jeudi à Cormeilles-en-Parisis
(Val-d'Oise), a été suspendu de ses fonctions dimanche (Libération du
4 septembre). Ce policier, âgé d'une trentaine d'années, avait été mis
en examen la veille pour «violence volontaire avec arme par dépositaire
de l'autorité publique, entraînant une incapacité de plus de huit jours»,
et laissé en liberté avec interdiction de séjourner en Ile-de-France.
«Poursuivre ce policier pour violence volontaire est scandaleux. [...]
il s'agit d'une tentative d'homicide», a déclaré hier Me Dominique Tricaut,
avocat de la famille de la victime, lors d'un rassemblement sur les lieux
du drame.
Dans un premier temps, des sources policières et judiciaires avaient
indiqué que Farad Boukhalfa avait été vainement pris en chasse par la
brigade anticriminalité (BAC), après avoir grillé plusieurs feux rouges
au volant d'une Safrane. Grâce au numéro d'immatriculation du véhicule,
les policiers se seraient rendus au domicile de son propriétaire, dans
une cité HLM de Cormeilles-en-Parisis. Une échauffourée aurait éclaté
entre Farad Boukhalfa, qui se trouvait toujours dans la Safrane, et la
police.
Au cours de son interpellation - version policière -, l'homme aurait
tenté de se saisir de l'arme d'un fonctionnaire, coup de feu en l'air,
et se serait blessé en heurtant le trottoir. Problème, c'est une balle
et non un trottoir qui a frappé la tête du jeune homme.
La version du passager du véhicule dément formellement les déclarations
des policiers. Pour ce témoin, ni course-poursuite ni rébellion, et la
balle aurait été tirée alors que Farad Boukhalfa tournait le dos au policier.
L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) enquête, et la famille
de la victime doit saisir la Ligue des droits de l'homme. Dimanche, Farad
Boukhalfa était toujours dans un état critique.
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