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LE DOUBLE MEURTRE au sauna gay à Paris (IIe) était bel et
bien signé. L'arme à feu abandonnée lundi soir sur les lieux du crime
n'appartenait pas à un tueur à gages mais à un policier. Le numéro d'identification
de ce revolver Manurhin a conduit les enquêteurs de la brigade criminelle
dans l'est de la France, à Thionville (Moselle) où un gardien de la paix
a reconnu avoir abattu les deux employés de l'Euromen's Club et grièvement
blessé le gérant de cet établissement parisien très prisé des homosexuels.
Hier, le gérant se trouvait toujours entre la vie et la mort, à l'hôpital
Beaujon à Clichy (Hauts-de-Seine). Client plus ou moins régulier du sauna,
Marcel N., 39 ans, motard au commissariat de Thionville, aurait également
avoué le vol de la recette du club. Il s'est en revanche montré moins
locace sur le mobile du terrible geste dont il s'est accusé en " oubliant
" son arme de service dans les locaux la rue Saint-Marc, tout près de
la Bourse. Hier, le parquet de Paris a décidé de prolonger la garde à
vue du suspect, interrogé au 36, quai des Orfèvres.
Marié et père de cinq enfants
Le massacre est donc élucidé. Vers 22 heures, un homme force l'entrée
de l'Euromen's club en pulvérisant la porte vitrée. A l'intérieur de l'établissement,
le gérant agonise dans un escalier de secours et les corps sans vie de
deux autres employés gisent au sous-sol. Jacques D., 48 ans, a été atteint
de trois balles dans le ventre alors qu'il était occupé à compter la recette
du week-end de Toussaint. Ses collègues, âgés de 27 et 34 ans, ont été
abattus tandis qu'ils nettoyaient les locaux. Des meurtres aux allures
d'exécutions. Le fonds de caisse de 20 000 F a disparu, la vidéo de la
caméra de surveillance aussi. Selon une source proche de l'enquête, l'auteur
de cette tuerie serait revenu au sauna où il avait oublié des affaires
personnelles, obligé de forcer la porte qui s'était refermée derrière
lui. Et son arme ? Hier, on ignorait toujours si cet oubli a été volontaire.
Le Manurhin a en tout cas permis aux enquêteurs d'identifier Marcel N.,
interpellé mardi soir chez lui à Thionville. Ce motard, marié et père
de cinq enfants, a vite avoué être l'auteur de la tuerie au sauna. Cet
établissement ouvert il y a plus de vingt ans, il l'a fréquenté à de nombreuses
reprises, notamment quand il était en poste chez les CRS au sein d'une
compagnie basée à Deuil-la Barre (Val-d'Oise). Hier, le commissaire de
Thionville, ville rejointe par le suspect fin 1997, n'a souhaité faire
aucun commentaire sur cette affaire. Quant à la prolongation de garde
à vue, elle devrait permettre de clarifier le mobile de l'ancien CRS.
A-t-il agi poussé par un besoin d'argent ou ce braquage sanglant cache-t-il
des raisons passionnelles ? Le policier de Thionville doit être déféré
devant le parquet dans la matinée.
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