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Une enquête a été confiée à l'IGS, la « police des
polices ».
Le comédien Jamel Debbouze devait quitter, lundi 3 janvier, dans la matinée,
l'hôpital Saint-Antoine à Paris, où il avait été placé en observation,
dans la nuit du samedi 1er au dimanche 2 janvier, après une altercation
avec des policiers à proximité du palais omnisport de Paris-Bercy (POPB).
Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire qui a été confiée
à l'inspection générale des services (IGS), la « police des polices »,
après avoir été, dans un premier temps, donnée à la deuxième direction
de la police judiciaire de la préfecture de police.
Les policiers de l'IGS, qui doivent entendre Jamel Debbouze dans la journée,
auront à trancher entre deux versions. Lundi, en début de matinée, le
parquet n'avait pas encore été destinataire d'une plainte du comédien.
A l'hôpital, selon une source médicale, M. Debbouze aurait subi un examen
clinique qui se serait révélé normal. Vu par deux internes, le comédien
aurait également subi un scanner abdominal, dont le résultat aurait été
négatif. Il s'est vu délivrer une incapacité temporaire de travail (ITT)
de trois jours.
Les faits remontent au samedi 1er janvier. Jamel Debbouze vient de participer
à une soirée au POPB pour souhaiter la bonne année à la communauté maghrébine.
Il quitte le parking du palais à bord d'une Mercedes immatriculée en Allemagne,
accompagné par son assistante, Nadia Mourine, et par son frère, qui est
également son impresario.
Selon son entourage, l'incident aurait débuté à un feu rouge. Des motards
de la police, qui escortent une compagnie de CRS, demandent alors au comédien
d'écarter son véhicule pour laisser passer le convoi. Le ton est particulièrement
aggressif, d'après Nadia Mourine. Jamel Debbouze aurait répliqué : « Ça
se demande poliment. »
UN COUP DE TALKIE-WALKIE
Cette réponse serait toujours, selon la même source citée par l'Agence
France Presse, à l'origine des violences. Enervé par ce propos, un motard
aurait sorti M. Debbouze de son véhicule. Puis, il aurait commencé à frapper
le comédien avec plusieurs de ses collègues. Jamel Debbouze, atteint à
la nuque par un coup de talkie-walkie, aurait momentanément perdu connaissance
et se serait effondré sur la chaussée, face contre terre.
Le récit des policiers diverge de celui donné par l'entourage du comédien.
Les fonctionnaires présents sur place ont été entendus, dimanche 2 janvier,
par l'IGS, où ils ont livré sur procès-verbal leur version des faits.
Samedi, une compagnie de CRS avait été mobilisée autour du POPB pour assurer
le maintien de l'ordre en raison des risques créés par la présence d'environ
deux mille spectateurs sans billet.
La soirée s'étant passée dans le calme, la CRS reçoit l'ordre de se diriger
vers les Champs-Elysées. La voiture de M. Debbouze, sortant du parking,
se serait insérée dans le convoi. Les motards auraient fait signe au conducteur
de dégager. Il aurait refusé d'obtempérer. Au feu rouge, les policiers
lui auraient demandé de sortir de la Mercedes et de présenter ses papiers.
Nouveau refus, selon eux.
A ce moment-là, selon le témoignage des policiers, Jamel Debbouze, sorti
de sa voiture, aurait été fortement repoussé par un commissaire de police
muni d'une « gomme », un bâton en caoutchouc dur utilisé par les fonctionnaires
comme arme d'auto-défense. Touché à l'estomac, le comédien serait alors
tombé à terre. Toujours selon des policiers, un membre de l'entourage
de M. Debbouze aurait alors dit à celui-ci : « Reste par terre. Je vais
te faire filmer. » Pourtant, dans leurs dépositions, les policiers n'évoquent,
à aucun moment, des outrages à agent mais un simple refus d'obtempérer.
ÉPISODE INATTENDU
L'affaire s'est enrichie, dimanche 2 janvier, d'un épisode inattendu.
Un proche de Jamel Debbouze, travaillant avec lui sur Canal Plus, est
venu lui rendre visite à l'hôpital Saint-Antoine. Selon lui, il s'était
déplacé afin de conforter son ami mais il aurait eu une altercation avec
l'assistante du comédien.
Le visiteur aurait alors été frappé, puis mordu par un garde du corps
de M. Debbouze. Des médecins de l'hôpital auraient dû s'interposer pour
mettre fin à l'incident. L'ami de Jamel a déposé plainte au commissariat
du douzième arrondissement, auprès du service d'aide, de recherche et
d'investigation judiciaire.
Pascal Ceaux
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