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L'« AFFAIRE HENRIETTE » renvoit au cas d'Afidha L., une Marocaine de
36 ans, libérée en novembre 1999 par le Comité contre l'esclavage moderne
(1). Elle est restée prisonnière cinq ans chez des commerçants parisiens.
Elle était leur bonne et celle de leurs enfants policiers, 7 jours sur
7, de 7 h 30 à 23 h, sans autre « salaire » que les 1200 dirhams (750
F) que ses patrons envoyaient chaque mois à sa mère au Maroc. Dès 1987,
Afidha fait le ménage dans l'appartement du couple franco-marocain à Casablanca.
Lorsqu'ils partent s'installer à Paris, elle les rejoint en 1994. « Ils
m'avaient dit que je serai « payée comme en France ». Ils m'avaient promis
un virement mensuel pour ma mère et de me garder 1000 F par mois sur un
compte. » Mais à Paris, outre ses longues journées de ménage, elle n'est
pas autorisée à se laver plus d'une fois par semaine et dort sur un matelas
posé dans le salon. Ses rares allées et venues, entre les deux appartements
à nettoyer et le magasin, sont surveillées. Elle a ordre de ne parler
à personne et son passeport est caché.
Des gifles et des insultes
« Mon patron me disait qu'il allait me faire des papiers. » La fille
et le gendre de ses employeurs sont fonctionnaires aux renseignements
généraux. A huit reprises, ce dernier l'emmène à la préfecture de police,
chercher une autorisation provisoire de séjour. Le policier des RG l'obtenait
en prétendant qu'Afidha lui servait d'informatrice dans les milieux kurdes
! Quand elle parle de sa « patronne », la jeune femme évoque des gifles
et des insultes. Fin novembre, le Comité de lutte contre l'esclavage moderne
prend son cas en main. Le gendre policier est révoqué. Deux plaintes sont
déposées pour « travail clandestin » et « abus de vulnérabilité ». Afidha,
hébergée dans une famille, reprend goût à la vie. (1) Depuis 1994, l'association
a pris en charge près de 200 cas d'esclavage domestique. Tél. 01.42.60.49.80
Pascale Egré
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