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«COMMENT UNE JOURNÉE de travail ordinaire a-t-elle pu se transformer
en un tel cauchemar ? » Les époux Tardy, ambulanciers à Clermont-Ferrand
depuis plus de trente ans, se posent la question depuis qu'ils ont eu
maille à partir avec la police le 26 janvier dernier. « Ce jour-là, raconte
André Tardy, nous avons été appelés pour effectuer le transport en urgence
vers le CHU d'une personne âgée résidant dans un foyer. Nous avons doublé,
soi disant, sur la ligne blanche une voiture banalisée, sans savoir qu'il
s'agissait de la police. Aussitôt, nous avons été pris en chasse sur quelques
mètres avant de tomber dans un incroyable engrenage. » Interpellé par
les forces de l'ordre, l'ambulancier est sommé de présenter ses papiers.
Il refuse, sous prétexte qu'il doit transporter un malade en urgence en
promettant de se rendre plus tard au commissariat. Mais le policier ne
l'entend pas de cette oreille. Le ton monte, chacun campe sur ses positions.
Le malade finit par être transporté au CHU mais, devant les portes des
urgences, un fourgon de police attend l'ambulancier pour l'emmener au
poste. « On a voulu nous transporter dans le panier à salade comme de
vulgaires bandits ! s'exclame sa femme. Nous avons refusé et nous avons
suivi dans notre véhicule. » L'ambulancier ne ressortira du commissariat
qu'aux alentours de minuit, après sept heures de garde à vue. Quant à
sa femme, elle affirme avoir subi des violences. Pour preuve : une entorse
au pouce, un plâtre au poignet et un arrêt de travail de huit jours. Le
couple a porté plainte pour coups et blessures volontaires. La police,
de son côté, ne tient pas à commenter cette affaire embarrassante, qui
passera en correctionnelle le 23 février. « Nous arrêtons 3 000 personnes
par an, il est normal que cela ne plaise pas à tout le monde », précise
t-on au commissariat. André Tardy comparaîtra pour infraction au Code
de la route et rébellion. Il risque un retrait de permis, six mois de
prison et une amende de 50 000 F.
Geneviève Colonna d'Istria
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