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Le préfet du Nord-Pas-de-Calais a demandé, mercredi 16 février,
l'ouverture d'une enquête de l'inspection générale de la police
nationale (IGPN) sur une affaire qui met en cause des fonctionnaires
du commissariat de Roubaix. Le soir du 31 janvier, les policiers
étaient intervenus chez un couple en instance de divorce. Lui est
blanc, enseignant. Elle est d'origine zaïroise et a collaboré au
cabinet de Marie-Christine Blandin (Verts) lorsqu'elle était présidente
du conseil régional de Nord-Pas-de-Calais. Ils ont une fille de
neuf ans.
Selon les policiers qui se sont présentés à son domicile, Cornélie
Chapuis était alors " en état d'ivresse manifeste ". Elle est examinée
à l'hôpital de Roubaix, puis conduite par la police en salle de
dégrisement où les choses se seraient très mal passées. Transport
brutal dans le fourgon, fouille au corps et déshabillage en public
ont laissé des traces. Les défenseurs de Mme Chapuis évoquent aussi
des insultes à caractère raciste. Cornélie Chapuis avait été embarquée
en pyjama, sans ménagement, vers 22 heures, sur un simple appel
de son mari.
Après son passage au commissariat, où son époux l'a récupérée le
lendemain matin en lui ramenant une paire de chaussures, elle n'avait
pu rencontrer le commissaire et obtenir des objets, choses aussi
simples qu'une couverture.
Le Syndicat national des policiers en tenue, majoritaire dans le
Nord, s'est déclaré satisfait, par l'intermédiaire de son secrétaire
général Pierre Dantoing, qu'une enquête ait été diligentée. Selon
lui, celle-ci " démontrera une fois encore que ces rumeurs nauséabondes
développées par certains groupes et organisations en mal de publicité
ne sont qu'affabulation ".
RAPPORTS TENDUS
Cette affaire intervient dans un contexte roubaisien particulier,
celui de rapports tendus entre le commissariat et la municipalité.
Ceux-ci tendent à se normaliser mais il se pourrait que l'approche
des municipales remette au premier plan la question des valeurs
républicaines. En juillet, un conseiller municipal, M. Sliman Tir,
affirmait avoir été interpellé dans des conditions arbitraires pour
une affaire de tapage nocturne.
A propos de l'affaire de Mme Chapuis, les Verts, tout en se félicitant
de la décision " courageuse " du préfet du Nord, Rémy Pautrat, de
saisir l'IGPN, ont demandé, vendredi, au ministère de l'intérieur
de diligenter une enquête nationale " sur le sexisme et le racisme
dans la police ".
Pierre Cherruau
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