| PONTOISE
(AFP) - Un ancien policier a été condamné mardi soir à cinq ans de prison,
dont deux avec sursis et mise à l'épreuve par le tribunal correctionnel
de Pontoise (Val d'Oise) pour un faux témoignage ayant volontairement fait
condamner un innocent, a-t-on indiqué mercredi soir de sources policière
et judiciaire. La personne innocente avait écopé de la même peine en avril
1999 devant le même tribunal et passé 11 mois en détention. L'ancien gardien
de la paix Jean-Marie Ponchel, 33 ans, alors affecté au commissariat de
Garges-les-Gonesse, avait été lègèrement blessé en mai 1998 de trois coups
de couteau par sa compagne Marie-Jeanne, 27 ans, mais avait alors déposé
plainte en affirmant avoir été agressé dans la rue par deux jeunes en scooter
dont l'un lui aurait porté les coups de couteau. Quelques semaines plus
tard, ses collègues interpellaient à Garges, pour un autre motif, Abdelhamid
Berrouane, 22 ans, que le policier identifiait aussitôt comme son agresseur.
Présenté au parquet et écroué, ce dernier était, malgré ses dénégations,
condamné sur le seul témoignage du policier, réitéré à l'audience, pour
coups et blessures volontaires sur agent de la force publique. Cependant,
la compagne du policier déposait plainte fin mai 1999 contre son compagnon
qui lui avait porté des coups. Elle expliquait que ces actes étaient courants
et que l'agression dont il s'était plaint n'avait jamais eu lieu. Il était
rentré en état d'ébriété et l'avait à nouveau battue et, pour se défendre,
elle s'était saisie d'un couteau et l'avait frappé. L'IGPN (Inspection Générale
de la Police Nationale) était aussitôt saisie et le policier, interpellé,
reconnaissait les faits au cours de sa garde à vue et était écroué début
juin tandis que Abdelhamid Berrouane était remis en liberté le jour même.
Le policier, révoqué depuis, a été condamné pour outrage à magistrat, faux
témoignage en matière de police ainsi que coups et blessures sur sa compagne
tandis que cette dernière écopait de 15 mois de prison avec sursis et mise
à l'épreuve pour coups et blessures et outrage à magistrat. Ils devront
conjointement verser 200.000 francs de dommages et intérêts à celui qu'ils
avaient envoyé derrière les barreaux et qui s'était porté partie civile. |