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Le Parisien - Samedi 19 février

A MARSEILLE, l'opération Mains propres se poursuit dans les différents services centralisés à l'Evêché, l'hôtel de police de la ville. Jeudi soir, un agent technique du Laboratoire interrégional de police scientifique (LIPS) de Marseille a été mis en examen et écroué à la maison d'arrêt des Baumettes. Armand Stépanov, la cinquantaine, travaillait dans le secteur balistique du laboratoire depuis une vingtaine d'années et, aujourd'hui, ce fonctionnaire est accusé " d'escroqueries en vue de commettre des crimes et des délits, association de malfaiteurs, cession, détention, offre et transport d'héroïne et de cocaïne, et d'infractions sur la législation des armes de 1re et 4e catégories ". Stépanov, " un policier de bonne réputation ", est tombé après une " information " anonyme, reçue à l'Evêché, assurant qu'il participait à un trafic de stupéfiants. Mais il donnait aussi dans l'utilisation frauduleuse de cartes bleues dont il avait relevé le numéro pour effectuer des achats à distance. C'est d'ailleurs une enquête sur les vols de cartes bancaires qui a amené les policiers marseillais à s'intéresser à leur collègue du Laboratoire interrégional de police scientifique. Il aurait, en effet, piraté le numéro de carte de quelques-uns des agents du laboratoire.

Un truand connu pour complice

Au domicile de Stépanov, on a d'ailleurs retrouvé des scellés vidés de leur contenu d'héroïne ou de cocaïne et de nombreuses armes de poing. L'enquête a permis d'établir également que Stépanov avait associé à ses escroqueries Serge Navaro, un truand connu des services de police et soupçonné d'évoluer dans l'univers des machines à sous et des stupéfiants. Il a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire par le juge Marie-Claude Penna. " Cette nouvelle affaire prouve qu'on ne couvre rien et que les enquêtes internes vont jusqu'au bout ", expliquait-on hier à l'état-major de la police judiciaire. Il y a quinze jours, en effet, un lieutenant des renseignements généraux et un commandant du secteur Centre de Marseille ont été mis en examen pour " subornation de témoins et faux en écriture ", et écroués dans le cadre d'une affaire de viols sur mineurs ayant provoqué deux suicides consécutifs.

Jean-Louis Pacull

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