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A MARSEILLE, l'opération Mains propres se poursuit dans les différents
services centralisés à l'Evêché, l'hôtel de police de la ville.
Jeudi soir, un agent technique du Laboratoire interrégional de police
scientifique (LIPS) de Marseille a été mis en examen et écroué à
la maison d'arrêt des Baumettes. Armand Stépanov, la cinquantaine,
travaillait dans le secteur balistique du laboratoire depuis une
vingtaine d'années et, aujourd'hui, ce fonctionnaire est accusé
" d'escroqueries en vue de commettre des crimes et des délits, association
de malfaiteurs, cession, détention, offre et transport d'héroïne
et de cocaïne, et d'infractions sur la législation des armes de
1re et 4e catégories ". Stépanov, " un policier de bonne réputation
", est tombé après une " information " anonyme, reçue à l'Evêché,
assurant qu'il participait à un trafic de stupéfiants. Mais il donnait
aussi dans l'utilisation frauduleuse de cartes bleues dont il avait
relevé le numéro pour effectuer des achats à distance. C'est d'ailleurs
une enquête sur les vols de cartes bancaires qui a amené les policiers
marseillais à s'intéresser à leur collègue du Laboratoire interrégional
de police scientifique. Il aurait, en effet, piraté le numéro de
carte de quelques-uns des agents du laboratoire.
Un truand connu pour complice
Au domicile de Stépanov, on a d'ailleurs retrouvé des scellés vidés
de leur contenu d'héroïne ou de cocaïne et de nombreuses armes de
poing. L'enquête a permis d'établir également que Stépanov avait
associé à ses escroqueries Serge Navaro, un truand connu des services
de police et soupçonné d'évoluer dans l'univers des machines à sous
et des stupéfiants. Il a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire
par le juge Marie-Claude Penna. " Cette nouvelle affaire prouve
qu'on ne couvre rien et que les enquêtes internes vont jusqu'au
bout ", expliquait-on hier à l'état-major de la police judiciaire.
Il y a quinze jours, en effet, un lieutenant des renseignements
généraux et un commandant du secteur Centre de Marseille ont été
mis en examen pour " subornation de témoins et faux en écriture
", et écroués dans le cadre d'une affaire de viols sur mineurs ayant
provoqué deux suicides consécutifs.
Jean-Louis Pacull
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