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UNE TÊTE DE FEMME, ses deux bras, ses jambes et une scie maculée
de sang : voilà la terrible découverte faite vendredi soir par les
policiers de la brigade criminelle de Versailles dans le coffre
d'une Renault 25 stationnée devant la gendarmerie de Fleury-Mérogis
(Essonne). Ces restes humains grossièrement découpés sont ceux d'une
femme de 22 ans, Christelle Soller, gendarme de son état et qui
travaillait au sein de cette petite brigade territoriale.
Un comportement troublant
La victime vivait dans un logement de fonction attenant à la gendarmerie
en compagnie de son mari, Olivier, un policier de 32 ans affecté
comme îlotier au commissariat d'Evry. Placé en garde à vue peu avant
la découverte du corps, celui-ci, même s'il nie les faits, est considéré
comme le principal suspect dans cette affaire. Hier soir, les recherches
entreprises par la police judiciaire pour retrouver le tronc de
la jeune femme n'avaient rien donné. Olivier Soller avait déclaré,
mardi, la disparition de sa femme, Christelle, auprès de la préfecture
d'Evry. Une fiche de recherche dite dans l'intérêt des familles
(RIF) a donc été établie, sans qu'une enquête policière soit lancée.
Ce qui est souvent le cas quand il s'agit de personnes majeures.
Au cours de la semaine, au commissariat d'Evry, le comportement
troublant du policier a intrigué ses collègues et sa hiérarchie,
au point d'en alerter le procureur de la République, Laurent Davenas,
lequel a saisi vendredi après-midi la brigade criminelle de la DRPJ
de Versailles. C'est ce jour-là, vers 19 heures, qu'Olivier Soller
a été interpellé sur son lieu de travail. Lors de ses auditions,
et malgré la découverte, par la suite, des restes de son épouse
dans sa propre voiture, ce fonctionnaire décrit comme un « excellent
flic » ne s'est guère montré bavard. Il a déclaré qu'il avait lui-même
trouvé sa femme découpée en pénétrant dans leur appartement. Seulement
voilà : en perquisitionnant sur place, les enquêteurs n'ont trouvé
ni taches de sang, ni traces de lutte, juste une lettre écrite sur
ordinateur où le policier expliquait que sa femme était partie avec
un autre homme. L'enquête a notamment permis d'établir que le couple
Soller, marié depuis septembre dernier, se disputait fréquemment
et que le policier d'Evry avait subitement demandé sa mutation en
milieu de semaine, peu après la « disparition » de sa femme. Olivier
Soller, qui devrait être présenté cet après-midi au parquet d'Evry,
devra aussi sans doute s'expliquer sur son précédent mariage. Affecté
à la brigade anticriminalité (BAC) de Strasbourg avant de venir
à Evry, cet Alsacien d'origine a été longtemps marié avec une femme,
décédée voilà quelques années à l'hôpital de Melun (Seine-et-Marne)
dans des circonstances qui restent à déterminer. Des vérifications
sont en cours sur ce point auprès de l'établissement hospitalier
Stéphane Bouchet et Elodie Soulié
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