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LE CRIME est aujourd'hui élucidé, pourtant bien des zones d'ombre
entourent encore la mort de Christelle, cette jeune femme gendarme
de 22 ans dont le mari, gardien de la paix à Evry, a reconnu le
meurtre, ce week-end, devant les enquêteurs de la PJ de Versailles
(nos précédentes éditions). Dimanche soir, Olivier Soller, 32 ans,
a été mis en examen pour homicide volontaire et écroué au « quartier
réservé » de la prison de Fresnes (Val-de-Marne), dans la foulée
de sa présentation à un juge d'instruction d'Evry. Quelques heures
plus tôt, les enquêteurs avaient retrouvé le corps de son épouse,
à peine enfoui en bordure de forêt, près du petit village de Buno-Bonnevaux.
Vendredi, ils avaient découvert la tête et des membres de Christelle
dans le coffre de la R 25 du couple, garée sur le parking de la
brigade de Fleury-Mérogis, où travaillait la jeune femme. Hier,
l'autopsie a confirmé le scénario sordide du geste d'Olivier. Après
avoir étranglé Christelle, l'avoir frappée à coups de marteau, le
policier a découpé son corps à la scie. Il ne s'en est pourtant
qu'en partie « débarrassé », apparemment incapable de se séparer
de la femme qu'il aimait.
Olivier n'est pas fou
Pour les enquêteurs de la PJ, cette « barrière psychologique »
est le paradoxe d'un crime passionnel transformé en carnage : selon
eux, Soller comptait masquer son geste en disparition, en effacer
toute trace pour protéger son avenir et celui de sa fillette de
6 ans. Mais il a été dépassé, perdant la maîtrise de son acte. Aujourd'hui,
c'est sur cet incompréhensible enchaînement que se penchent les
experts psychiatres et médico-psychologues nommés par le juge Marguerite.
Soller, qui invoque lui-même un dédoublement de personnalité, peut-il
être jugé irresponsable ? Vraisemblablement non. Ni toxicomane,
n'étant soumis à aucun traitement, encore moins fou, il est au contraire
apparu « très lucide », dimanche soir devant le juge. Ce jeune îlotier
récemment nommé à Evry est un homme « normalement équilibré » et
son crime a semé la stupeur au commissariat. Arrivé le 1er février,
il y était apprécié bien qu'encore peu connu : il n'avait travaillé
que cinq jours, en raison de congés à récupérer. Et depuis son retour,
mardi, ses collègues ont senti « une cassure ». « Avant, il parlait
un peu de son précédent poste, à la brigade anti-criminalité de
Strasbourg, raconte l'un d'eux. Depuis, il ne causait plus. Il ne
tournait pas rond. » Puis il a demandé sa mutation pour retourner
dans l'Est, « parce qu'il n'était pas bien, en patrouille à pied
à Evry ». De leur côté, les enquêteurs de la PJ de Versailles continuent
de creuser le passé du policier. Ils se sont penchés sur la lettre
de Christelle annonçant qu'elle comptait le quitter pour un autre
homme. Ce dernier est aujourd'hui identifié, les policiers s'apprêtent
à l'entendre. Ils se sont aussi replongés dans le passé ancien de
Soller, jusqu'à son passage au commissariat de Montgeron, en 1996,
et à la mort de sa première épouse, en mars 1997 à l'hôpital de
Melun (Seine-et-Marne). Elle se serait suicidée après leur séparation,
mais dans des circonstances que les policiers préfèrent clarifier.
Elodie Soulié
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