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Le Parisien - Mercredi 8 mars

PASCAL HIBLOT, 41 ans, auteur d'un coup de feu mortel sur un Algérien de 23 ans le 9 juin 1991, alors qu'il était gardien de la paix au commissariat de Mantes-la-Jolie (Yvelines) sera fixé sur son sort aujourd'hui, près de neuf ans après les faits. La chambre d'accusation de la cour d'appel de Versailles décidera de son renvoi ou non devant la cour d'assises des Yvelines. Pascal Hiblot avait bénéficié d'un non-lieu du juge versaillais Jean-Marie Charpier en charge de l'affaire, non-lieu " infirmé " en février 1999 par la même chambre d'accusation après l'appel de la famille de la victime et du parquet. Le policier n'a jamais été suspendu de ses fonctions et occupe actuellement un emploi administratif dans un commissariat francilien. Il avait été mis en examen pour " coups mortels " le 13 septembre 1991, après avoir tiré par trois fois et tué d'une balle dans la nuque Youssef Khaïf, qui conduisait une Volkswagen Jetta volée lors d'un rodéo à Mantes-la-Jolie dans le quartier du Val-Fourré. Pascal Hiblot avait ouvert le feu sur la voiture conduite par la victime une demi-heure seulement après qu'une collègue policière Marie-Christine Baillet eut été mortellement blessée, percutée à vive allure par une Renault 9 conduite par Lhadj Saïdi, un jeune Marocain de 19 ans.

" Concours de circonstances "

Au cours du procès devant la cour d'assises des Yvelines à l'issue duquel Lhadj Saïdi avait été condamné à dix ans de réclusion criminelle le 4 juillet 1997 pour " violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ", Pascal Hiblot avait longuement témoigné à la barre sur le déroulement de la soirée dramatique du 9 juin 1991. Passablement remonté contre le meurtrier de sa collègue décédée, il avait déclaré aux jurés : " Quand j'ai vu la voiture nous faire face à 150 mètres, j'ai compris qu'ils avaient décidé de bouffer du flic, c'est tout. " Pour dédouaner Pascal Hiblot, son avocate Me Françoise Berrux a invoqué la légitime défense estimant que " la volonté de tuer " n'existait pas et que la précision du tir n'a été due " qu'à un extrême concours de circonstances. " Elle a aussi mis en cause la hiérarchie du gardien de la paix, considérant comme " imprudent " voire " très maladroit " le fait de l'avoir maintenu en service alors qu'il était " extrêmement choqué après avoir assisté à la mort de sa collègue ". Les experts désignés lors de l'instruction ont abondé dans ce sens, relevant que la responsabilité pénale de Pascal Hiblot pouvait s'en trouver " sérieusement atténuée ". Le MIB (Mouvement de l'intégration et des banlieues) sera présent devant la cour d'appel ce matin à partir de 9 heures pour soutenir la famille de Youssef Khaïf craignant " qu'on étouffe cette affaire ".

Roberto Cristofoli

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