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LA CHAMBRE D'ACCUSATION de la cour d'appel de Versailles (Yvelines)
a ordonné, mercredi 22 mars, le renvoi devant la cour d'assises
des Yvelines de Pascal Hiblot, quarante et un ans, auteur d'un coup
de feu mortel sur un Algérien de vingt-trois ans, Youssef Khaïf,
en juin 1991 à Mantes-la-Jolie (Yvelines). Cette décision met fin
à une longue bataille de procédure qui aura duré près de neuf ans.
Le 9 juin 1991, Pascal Hiblot et ses collègues du commissariat
de Mantes-la-Jolie interviennent pour mettre fin à un rodéo automobile
auquel se livrent des jeunes du Val-Fourré. Alors que les fonctionnaires
ont établi un barrage non loin de l'entrée du quartier populaire,
c'est le drame. Une voiture conduite par Lahadj Saïdi, un Marocain
de dix-neuf ans, percute un véhicule de police. La jeune gardienne
de la paix, Marie-Christine Baillet, trente-deux ans, est tuée sur
le coup, sous les yeux de ses collègues. Une demi-heure plus tard,
les policiers sont toujours sur place quand une seconde voiture
se dirige vers eux à vive allure. Pascal Hiblot sort son arme et
fait feu à trois reprises, tuant le conducteur, Youssef Khaïf, d'une
balle dans la nuque.
Pascal Hiblot, qui n'a été ni incarcéré, ni suspendu, mais affecté
à des tâches administratives dans un commissariat de l'Essonne,
avait bénéficié, le 28 juillet 1998, d'un non-lieu du juge d'instruction,
Jean-Marie Charpier. Une décision contre laquelle le parquet et
la famille de la jeune victime avaient fait appel. Le 13 janvier
1999, devant la chambre d'accusation de la cour d'appel de Versailles,
l'avocat général, Alain Junillon, avait déjà requis le renvoi de
Pascal Hiblot aux assises, écartant l'état de nécessité et la légitime
défense du policier.
" SITUATION DE NON-DROIT "
Un mois plus tard, en rendant leur arrêt, les magistrats versaillais
ne l'avaient pas suivi ; ils avaient bien infirmé l'ordonnance de
non-lieu, mais avaient exigé une expertise médico-psychologique
du fonctionnaire, qui devait conclure à " une atténuation de ses
capacités de discernement au moment de son geste ". Lors de la nouvelle
audience de la chambre d'accusation, le 8 mars 2000, le parquet
général avait de nouveau réclamé le renvoi aux assises de Pascal
Hiblot.
Pour son avocate, Me Françoise Berrux, " on va le juger pour des
faits qui résultaient d'une situation de non-droit. J'espère que
les jurés l'écouteront et qu'ils comprendront l'époque de ces faits.
" Le défenseur de la famille de Youssef Khaïf, Me Olivier Fontibus,
a jugé, lui, " conforme à la réalité du dossier " la comparution
du policier devant les assises. Le procès pourrait se tenir au printemps
2001 devant la cour d'assises des Yvelines, qui, le 4 juillet 1997,
a condamné Lahadj Saïdi, responsable de la mort de la jeune policière,
à dix ans de réclusion criminelle.
Jean-Claude Pierrette
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