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LORS D'UNE AUDIENCE dans un tribunal, un témoin n'a pas le droit
de revenir dans la salle des témoins après avoir déposé à la barre.
Toute transgression peut entraîner une annulation de procédure.
C'est pourtant ce qui est arrivé lors d'une audience très particulière
sur un procès mettant en cause un policier et les " dérives de la
Côte d'Azur " le 26 janvier dernier, à la 17e chambre correctionnelle
du tribunal de Paris. Ce " flagrant délit " a été filmé par une
équipe de TF 1 et ces images exclusives seront diffusées ce soir
dans l'émission " 19 Heures dimanche ", dans le cadre d'un reportage
sur le juge Jean-Pierre Murciano. Le 26 janvier, le policier Huy
Decloedt comparaissait pour détention d'explosifs dans une affaire
remontant au début des années quatre-vingt-dix. Il avait, à l'époque,
participé à l'arrestation de terroristes néo-nazis responsables
d'attentats sur la Côte d'Azur mais avait gardé un stock de munitions.
L'ambiance est tendue
Durant l'après-midi d'audience, l'ambiance est tendue sous les
lambris de la 17e chambre, présidée par le juge Montfort. Les avocats
dénoncent une machination pour faire tomber Huy Decloedt et le juge
Murciano, alors responsable de l'instruction sur les attentats.
Dans une petite pièce close attenante, sept responsables de police
attendent de déposer. Vers 19 heures, le commissaire Alain Feuvrier,
sous-directeur du SRPJ de Marseille, arrive le premier à la barre
en tant que supérieur de Decloedt à l'époque. Il livre son témoignage
à charge contre son subordonné puis sort de la salle. Normalement,
il n'a plus le droit de revenir dans la salle des témoins. Quelque
temps plus tard, alerté par une consoeur, Me Baduel, avocat de Decloedt,
avertit le président Montfort de mouvements de personnes à la seconde
porte de la salle des témoins, celle qui donne sur l'extérieur.
Le magistrat n'en tient pas compte mais les avocats consigneront
une note de protestation écrite. Seulement voilà, une équipe de
TF 1 a filmé le commissaire Feuvrier en train de se faire interpeller
par un gendarme alors qu'il sortait de la salle des témoins par
la porte attenante, bien après avoir déposé. " Nous avions décidé
de tourner des plans de l'extérieur de la salle et de toutes les
allées et venues, explique Bernard Nicolas, auteur du reportage,
et présent lors de l'audience, on n'en revenait pas d'avoir saisi
cette scène. " Le commissaire voulait-il récupérer un vêtement oublié
dans la salle ou s'entretenir avec ses collègues ? Si c'était le
cas, les avocats de la défense pourraient légitimement parler de
pression.
Eric Giacometti
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