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UN MOIS APRES l'interpellation controversée, musclée et filmée
en vidéo le 26 mars, d'une jeune femme d'origine marocaine à Ris-Orangis
(Essonne), la police scientifique semble écarter la thèse de la
bavure. Après une étude méticuleuse de la vidéo, elle a remis hier,
ses conclusions à l'IGPN, l'inspection générale de la police nationale.
Celle-ci devrait transmettre aujourd'hui son rapport définitif au
parquet d'Evry. Les techniciens ont décortiqué l'image et le son
de la cassette originale. Selon les enquêteurs, il n'existe aucune
preuve de " coup à personne ni injures racistes ". Le seul bruit
suspect enregistré serait métallique et correspondrait à celui de
menottes touchant la carrosserie de la voiture de la victime. Reste
des éléments à charge contre le policier. Sur la bande, le fonctionnaire
déclare entre autres : " Et alors tu crois quoi ? Tu vas aller au
trou ", ou encore : " La loi, c'est moi, pas de chance. " Une réaction
que le ministre de l'Intérieur a récemment jugée " sans doute exagérée
".
La victime maintient sa version
L'avocate de Hayat, la jeune femme interpellée, ne se montre pas
surprise par ces conclusions. " Julien (NDLR : le vidéaste amateur)
a toujours expliqué qu'il avait commencé à filmer après avoir entendu
les injures, explique Me Karine Tilly. Il n'est pas étonnant qu'elles
ne figurent pas sur la bande. Mais, sur ce point, ma cliente maintient
sa version. " Au sujet des éventuels coups portés par le policier,
l'avocate avance les mêmes explications : " La voiture a été analysée
par l'IGPN. On verra si des coups de menottes ont bien été portés
sur la carrosserie. " Les deux partis campant sur leurs positions,
l'avocate demande au procureur d'Evry Laurent Davenas de ne pas
se contenter de l'enquête administrative de l'IGPN. Le Syndicat
national des policiers en tenue (SNPT), auprès duquel est affilié
le policier mis en cause, a réagi à ce rebondissement, en rappelant
les conditions de travail des fonctionnaires. " Ce rapport est une
confirmation de ce qui semblait se dessiner, se félicite Philippe
Dalat, secrétaire général adjoint du syndicat. L'examen de la bande
explique le comportement du collègue, sans pour autant l'excuser.
Il a eu des paroles excessives, mais je rappelle qu'il en était
ce jour-là à sa quatrième nuit de garde d'affilée. "
David Charpentier
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