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Bavure precedente Polémique après la descente de police cité du Pont-de-Sèvres
Le Parisien - Vendredi 28 avril

"HÉ ! MATE-LE bacman ! " Hier, les gamins de la cité du Pont-de-Sèvres voyaient un policier de la brigade anticriminalité (la BAC, d'où le surnom de ses agents) derrière chaque passant. Après les incidents de la veille, les habitants reprenaient lentement leurs esprits. Mercredi soir, des interpellations de trafiquants de cannabis, menées par la BAC départementale, avaient failli virer à l'émeute. Après le départ des policiers, 70 personnes, jeunes et adultes, s'étaient massées devant le commissariat de Boulogne pour protester " contre les méthodes de la police " et réclamer la libération de certains jeunes. Ils s'étaient dispersés dans le calme peu après. Mais le souvenir de l'affaire reste douloureux.

" L'intervention a failli ruiner en dix minutes le travail de plusieurs années "

Les médiateurs de l'association Points d'appui n'en reviennent toujours pas. " Normalement, ça se passe bien dans cette cité, indique Brahim. Les problèmes, il n'y en a plus beaucoup. Mais hier, l'intervention a bien failli ruiner en dix minutes le travail de plusieurs années. " " S'ils arrêtent ceux qu'ils soupçonnent de dealer, ce n'est pas un problème, indique un de ses collègues. Il y a deux semaines, la police a embarqué des jeunes et personne n'a rien dit. Mais cette fois, ils sont intervenus avec une brutalité disproportionnée, en tapant sur n'importe qui, comme s'ils avaient un compte à régler. On entendait des cris dans toute la cité. " C'est ce vacarme qui aurait provoqué un attroupement. " Les gens sont venus voir ce qui se passait, reprend une jeune femme. Les parents avaient peur que leurs enfants soient mêlés à cette histoire. Mais ils se sont heurtés à des policiers hyperagressifs. Ils ont même tiré avec un pistolet à balles en plastique en direction d'un père de famille. " Au final, après l'intervention de renforts de police, neuf jeunes seront interpellés, et cinq d'entre eux libérés rapidement. " Les associations se sont mobilisées pour contenir les gens et éviter que ça n'explose, souligne Abdellah. Heureusement, avec les policiers du commissariat de Boulogne, on a pu discuter. Là-bas, ils sont réglos. On a bien expliqué aux gens que ce n'était pas eux qui avaient débarqué comme ça, mais la BAC départementale. Ça ne sert à rien que les jeunes insultent les îlotiers ! " Une version qui ne convainc pas ­ loin s'en faut ­ les policiers. " Les hommes de la BAC sont des spécialistes de l'interpellation, précise un officier. Leurs méthodes sont peut-être spectaculaires, mais parfaitement conformes aux textes officiels. Cela a provoqué un attroupement, ce qui n'est pas surprenant. Nous sommes souvent confrontés à ce genre de difficultés. D'un point de vue policier, c'est une situation classique. " Après l'échauffourée, le Syndicat général de police (SGP) s'interroge : " Qui porte un trouble à la tranquillité publique, le dealer qui vend la mort ou le policier qui tente de l'interpeller ? "

Guillaume Doyen

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