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CHEMISE JAUNE VIF, cheveux ras et physique sportif, Dominique Pourin,
41 ans, s'est assis hier matin dans le box de la cour d'assises
du Val-d'Oise, à Pontoise. Cet ancien CRS, qui a quitté la police
en 1990, comparaît avec un complice jusqu'à vendredi pour répondre
d'une série de quatre braquages commis chez des particuliers de
la région parisienne entre mai 1996 et juin 1997, date de son arrestation.
Lors de ces " saucissonnages ", l'équipe dirigée par un truand surnommé
" Nono ", mort en cavale en 1997, utilisait de fausses cartes de
police pour pénétrer chez ses victimes et les dépouiller de leur
argent liquide ou de leurs bijoux, après les avoir ligotées et frappées.
Dominique Pourin jouait le rôle de celui " à qui on ouvre facilement
les portes ", selon la déposition d'un de ses complices faisant
référence au passé sans histoire du " policier modèle ".
" Calme, agréable et efficace "
Engagé comme CRS à la compagnie n°1 de Vélizy-Villacoublay en
1980, Dominique Pourin est d'ailleurs décrit par ses supérieurs
de l'époque comme un élément " calme, agréable et efficace ". Des
états de service irréprochables qui font de lui le garde du corps
attitré du ministre de la Justice de l'époque, Robert Badinter.
En 1989 pourtant, c'est la rupture. La mort de son père qu'il "
vénérait et déifiait ", un début de dépression et une démission
compliquent une situation financière déjà rendue difficile par un
train de vie démesuré. Après son départ de la police, ce passionné
de tir sportif est embauché comme chef de sécurité adjoint d'une
grande surface de la banlieue parisienne, sur les recommandations
de Georges Chavannes, ancien secrétaire d'Etat au commerce. Deux
ans plus tard, il est licencié suite à une affaire de vol. De petits
boulots au noir en commission de surendettement, Pourin vire progressivement
" de l'autre côté ". Cogérant du Hollywood Billard à Crosne (Essonne),
il rencontre " Nono ", puis Saïd Merzouki qui comparaît à ses côtés
depuis hier. Il a besoin d'argent et ses nouvelles connaissances
cherchent un complice fiable. Les braquages s'enchaînent alors avec
le soutien logistique de l'ex-policier qui ira jusqu'à fournir son
ancien uniforme de gardien de la paix.
" Tout ça, je l'assume "
Hier dans le box, Dominique Pourin est apparu presque détendu et
très loquace, regrettant simplement les allusions à son passé de
policier, " par respect pour la fonction publique ". " Tout ça n'a
rien à voir avec ma carrière à la CRS, a-t-il dit. Si je suis dans
le box aujourd'hui, c'est à cause d'événements extérieurs et de
choix que j'ai dû faire à certains moments de ma vie. Tout ça, je
l'assume. " Un complice présumé aurait également dû être présent
dans le box des accusés. Mais il s'est donné la mort, dimanche,
dans le bar de Saint-Fargeau-Ponthierry (Seine-et-Marne) dont il
était le gérant.
Damien Delseny
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