Bavure actuelleBavures 2000Bavures 1999Best of bavuresPetites phrasesImagesPolice Académie ???QuotidiensMe contacterSouscrire à la liste de diffusionStatistiquesLiensVos réactions
Bavure precedente Une policière accusée d'avoir eu la gâchette facile
Libération - Mardi 30 mai

Dans un contexte agité, un jeune du quartier avait été blessé.

Le 21 décembre 1997 vers 20 h 45, le gardien de la paix Agnès D. n'est pas de service. Mais au pied de son immeuble de la Plaine du Lys, la police a fort à faire. Trois jours plus tôt, Khader Bouziane, un habitant de Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne), a été abattu à Fontainebleau, à l'issue d'une course poursuite avec la BAC (brigade anticriminalité). La policière, connue dans la cité sous le sobriquet de "Cacahuète", elle-même ne sait pas pourquoi, surveille de la fenêtre de son appartement au 10e étage son Opel Corsa garée juste en bas. Un groupe s'en approche, cocktail Molotov en main. Son sang ne fait qu'un tour. Elle descend aussitôt "voir ce qui se passait", après avoir mis son revolver de service dans la poche de son manteau, "par souci de protection". Agnès D. comparaissait hier devant le tribunal correctionnel de Melun pour violences volontaires avec arme.

"Mensonges". Quelques minutes plus tard, Agnès D. téléphone à son commissariat. "Je me suis fait agresser et dérober mon arme", explique-t-elle, omettant simplement de dire qu'un coup de feu a été tiré. Lorsqu'elle apprend qu'une personne a été blessée, elle affirmera que les jeunes, après avoir pris son arme, se sont amusés avec. Puis, plusieurs semaines plus tard, elle reconnaîtra avoir tiré involontairement alors qu'on la frappait. Au sol, dit-elle d'abord, puis près d'un an après les faits, elle admettra avoir tiré debout. Devant le tribunal, elle ne se souvient plus. "Je n'ai jamais vraiment su, c'est confus, mais c'est pendant l'agression que le coup de feu est parti." Ce dernier point ne concorde pas avec les déclarations de nombreux témoins, à commencer par celles de la victime, Mohamed D., blessé à la fesse. Ils affirment avoir vu la policière s'avancer vers un groupe de jeunes, debout et tenant l'arme bras tendus. "Tout le monde s'est mis à courir, en criant - attention, elle a un gun - puis je suis tombé, je suis reparti sans penser que j'avais été blessé", raconte la victime. "Climat d'austérité". "Pourquoi tous ces mensonges?" questionne la présidente, s'adressant à la policière. "J'avais peur, il y avait un vrai climat d'austérité (sic) à ce moment-là... Après, j'avais peur pour ma carrière." A-t-elle bien crié "bande de salauds, vous avez cramé ma voiture", comme le rapportent plusieurs témoins? "Heu, non, j'ai dû dire "pourquoi vous en êtes-vous pris à ma voiture"" répond-elle. La présidente n'est guère plus tendre avec la victime qu'avec la prévenue. Mohamed D. affirme qu'il rentrait de la mosquée, mais n'est guère précis sur les horaires. "Pourquoi ne dites-vous à personne pendant une semaine que vous êtes blessé? Vous vous faites soigner sous une fausse identité. On a l'impression que vous n'avez pas la conscience tranquille." La question provoque un premier incident entre l'avocat de la victime et la présidente: "Je ne comprend pas l'attitude agressive du tribunal vis-à-vis de la victime et complaisante vis-à-vis de la prévenue", lâche Francis Terquem. C'est exagéré, mais dès que l'avocat fait mine de parler, la présidente Fabienne Fiasella perd son sang-froid, lève les yeux au ciel, hausse les épaules. Lors de sa plaidoirie, le défenseur de Mohamed D. laissera entendre que le conflit ne date pas de ce procès: en septembre dernier, quatre jeunes de la Plaine du Lys comparaissaient, notamment pour violences. Les faits concernaient cette même nuit d'émeutes. "Ces jeunes ont été lourdement condamnés à des peines de prison ferme, accusés par la parole d'un policier d'avoir commis des faits bien moins graves que ceux reprochés à la prévenue." Le procureur estime plutôt qu'elle n'a fait que des "erreurs". "Elle avait peur, on peut la comprendre", explique-t-il avant de requérir douze mois de prison, dont dix avec sursis. "J'ai un sacré gros doute, tente Bernard Servet, l'avocat d'Agnès D., est-ce bien la balle sortie de l'arme tenue par madame D. qui a blessé la victime?" Jugement le 26 juin

MARC PIVOIS

Bavure precedente  
[Bavure Actuelle] [Bavures 2000] [Bavures 1999]
[Best Of]
[Images] [Petites Phrases] [Police Academie ?] [Quotidiens] [Contact]
[Statistiques] [Souscrire] [Liens] [Vos Réactions]