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Bavure precedente Les bizarreries de l'enquête sur une " bavure " policière
Le Parisien - Lundi 26 juin

ALORS QUE le tribunal correctionnel de Melun rend aujourd'hui son jugement dans l'affaire Agnès Debernat, des policiers avancent certains éléments qui laissent à penser que l'instruction contre cette ancienne policière du commissariat de Dammarie, accusée de " violence volontaire avec arme " a été menée à charge. La fonctionnaire de police, mutée peu après la supposée bavure aux Antilles, a comparu le 29 mai dernier, soupçonnée d'avoir, le soir du 21 décembre 1997, tiré avec son arme de service en direction d'un groupe de jeunes, blessant l'un d'eux à une fesse.

L'arme est dérobée

A l'époque des faits, les émeutes sont fréquentes dans la Plaine-du-Lys depuis qu'Abdelkader Bouziane, un jeune du quartier, est mort quelques jours plus tôt alors qu'il forçait un barrage de police. Le 21 décembre, peu après 21 heures, Agnès Debernat aperçoit, depuis sa fenêtre, un groupe qui s'en prend à sa voiture. Elle descend armée de son ruger 38 spécial. Les jeunes l'agressent. Un coup part et la policière se fait dérober son arme. Lors du procès du 29 mai dernier, le procureur de la République a requis une peine de douze mois de prison dont dix avec sursis. Aujourd'hui, les confrères de la jeune femme n'hésitent pas à parler du " sacrifice d'une policière " pour éviter de nouvelles flambées de violence dans ce quartier. Certains soupçonnent la justice d'avoir accablé sans éléments probants la policière et, dans les commissariats de Seine-et-Marne, certains assurent qu'une action spectaculaire pourrait être menée par la base si Agnès Debernat était condamnée aujourd'hui. L'argument massue des policiers : l'expertise balistique. Elle démontre que la balle a ricoché sur le sol avant de toucher la victime. Les particules relevées sur le projectile sont identiques au revêtement qui recouvre la passerelle où ont eu lieu les faits. Problème : aucune trace n'a été relevée sur cette passerelle et rien dans l'expertise ne prouve que le revêtement en question est spécifique à cet endroit. En clair, selon les policiers : Agnès Debernat a bien tiré, mais sa balle n'a atteint personne. Ce sont les jeunes qui, dans l'euphorie d'avoir volé l'arme d'un policier, auraient déclenché le coup à l'origine de la blessure. Il est vrai que l'attitude de la victime, qui n'a porté plainte que le 9 janvier 1998, semble étonnante. Et puis, tout le monde sait dans le quartier que depuis plus d'un an des jeunes s'étaient lancé le défi de voler " une arme de flic ".

Grégory Magne

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