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LA TENSION MONTE chez les policiers de Seine-et-Marne. La condamnation
d'Agnès Debernat, ancienne fonctionnaire de police de Dammarie-les-Lys,
à dix-huit mois d'emprisonnement dont six ferme, a fait l'effet
d'une bombe parmi ses collègues. La policière a pourtant été reconnue
coupable de " violences volontaires avec armes ", mardi, par le
tribunal correctionnel de Melun. " Cette décision est inadmissible
", s'insurge Yves Louis, responsable national du Syndicat général
de la police (SGP-FO), chargé de l'Ile-de-France. " Agnès Debernat
a véritablement été lynchée et a servi de bouc émissaire ". Les
faits remontent en 1997, pendant les émeutes qui avaient suivi la
mort d'Abdelkader Bouziane, tué par la police en tentant de forcer
un barrage à Fontainebleau. Le 21 décembre au soir, alors que des
jeunes essayaient d'incendier sa voiture, la policière aurait blessé
l'un d'entre eux avec son arme de service.
" Manque de preuves "
Pour les policiers, le verdict de mardi est " incompréhensible
". " Le dossier manque de preuves ", estime Norbert Boj, délégué
départemental du SGP. " Notre collègue aurait dû bénéficier du doute.
Mais la présomption d'innocence ne joue pas lorsqu'il s'agit d'un
policier ", tempête-t-il. Pour les policiers, l'atmosphère dans
laquelle s'est déroulé le procès a également influé sur le jugement.
Aujourd'hui, la cour d'appel de Paris doit en effet examiner le
cas de quatre émeutiers présumés, condamnés en septembre 1999 à
douze et quinze mois ferme par le tribunal de Melun. " On peut se
demander si la justice n'a pas voulu faire un équilibre entre les
deux affaires ", s'interroge Norbert Boj. " Elle a certainement
voulu montrer que la police n'est pas au-dessus des lois ". " La
justice a peur ", estime un autre policier. " Elle risque maintenant
de condamner pour n'importe quoi une police prise en otage ". Dans
la plupart des commissariats du département les policiers sont catégoriques
: Agnès Debernat a été " sacrifiée " par crainte de nouvelles émeutes.
" Il est flagrant que la justice et les politiques ont acheté la
paix publique avec cette condamnation ", lâche Bernard Baillard,
du bureau national SGP-FO, " tout simplement parce que le quartier
de la plaine du lys est un secteur brûlant ".
Olivier Stevenoot
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