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TROIS MOIS d'emprisonnement avec sursis : c'est la peine décidée
hier par le tribunal correctionnel de Fontainebleau à l'encontre
de Philippe Retailleau. Agé de 44 ans, le policier, sous-brigadier
au commissariat de Fontainebleau, avait comparu le 7 juillet dernier
pour violences avec usage ou menace d'une arme. Un revolver de calibre
38 spécial police, utilisé en dehors de ses heures de service face
à quatre jeunes jugés bruyants. Le 16 mai 2000 vers 22 h 30, trois
des jeunes avaient klaxonné pour appeler le quatrième au bas de
son immeuble. De sa fenêtre, le policier leur avait lancé qu'ils
pouvaient utiliser la sonnette. Un des jeunes lui répondait aussitôt
par une insulte. Philippe Retailleau était alors descendu muni d'une
sacoche contenant son arme de service, qu'il a fini par sortir en
la dirigeant sur les jeunes. Jugeant " inadmissible " cette " sortie
d'arme de service dans un cadre privé ", le procureur de la République
de Fontainebleau avait requis contre lui entre quatre et six mois
de prison avec sursis. Commentaire final de Me Servet, avocat de
Retailleau : " C'est un bon jugement. Notre objectif étant d'éviter
la révocation du fonctionnaire de police, possible à partir d'un
an de prison avec sursis. " Ce qui avait été le cas pour Anne Debernat,
policière à Dammarie-les-Lys et condamnée récemment à dix-huit mois
de prison dont six fermes pour avoir tiré une balle sur un jeune
en dehors de ses heures de service à la Plaine-du-Lys.
" Pas normal " disent les jeunes
La justice a également tranché à propos des trois jeunes, poursuivis
pour violences volontaires en réunion contre Philippe Retailleau
ce soir-là. Amokrane Tayat, 21 ans, a été condamné à deux mois d'emprisonnement
avec sursis et mise à l'épreuve pendant 18 mois ; Geoffrey Marco,
20 ans, et Rafaël Mazziotta, 19 ans, à deux mois de prison. Ils
devront également verser solidairement 3 000 F de dommages et intérêts
au policier, qui a subi un jour d'interruption temporaire de travail
après avoir été bousculé par un des jeunes. De leur côté, c'est
la déception et l'incompréhension. " Non seulement on a déjà fait
de la garde à vue, lui non. Mais on a déjà manqué plusieurs après-midi
de travail pour se rendre au contrôle judiciaire et au tribunal.
Des moments que notre employeur ne nous paie pas. Et en plus, on
doit lui payer 3 000 F alors que c'est lui qui nous a braqués. C'est
pas normal. "
Sophie Bordier
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