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LES SERVICES de la police de l'air et des frontières (PAF) de Coquelles,
près de Calais, se seraient bien passé d'une telle affaire alors
que les drames vécus par les clandestins frappent de plus en plus
l'opinion publique. Hier après-midi, l'un des policiers a été mis
en examen par le parquet de Boulogne-sur-Mer pour viol aggravé sur
une jeune fille de 16 ans se disant soudanaise, en situation irrégulière.
Remis en liberté, le fonctionnaire a été placé sous contrôle judiciaire.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, lors d'une patrouille de nuit
sur le site d'Eurotunnel, les policiers des frontières interpellent
cette jeune étrangère en possession de faux papiers. Agée d'environ
16 ans, cette Soudanaise, qui a passé trois mois dans un foyer pour
demandeurs d'asile aux Pays-Bas, tentait de gagner la Grande-Bretagne.
Comme le veut la procédure, les deux agents sont chargés de la conduire
au centre d'accueil de la Croix-Rouge à Sangatte, où vivent actuellement
600 réfugiés qui rêvent de l'Eldorado britannique. Dans la voiture,
le policier, âgé d'une quarantaine d'années, aurait déjà fait quelques
allusions malsaines à la jeune femme. Il demande à son jeune équipier
de la déposer à un arrêt de bus du village. " Il lui a dit do you
want to sleep with me ? (vous voulez dormir avec moi ?), explique
une secouriste de la Croix-Rouge à qui la clandestine s'est confiée.
La jeune fille croyait que ce policier lui proposait simplement
de l'héberger avant de l'aider à traverser la Manche, elle avait
confiance. " De retour au commissariat, le fonctionnaire de la PAF
rédige un faux rapport affirmant avoir rempli sa mission, puis,
habillé en civil et avec son propre véhicule, il retrouve la Soudanaise
et l'emmène en rase campagne pour la violer. La Soudanaise a raconté
avoir été déshabillée de force puis avoir tenté de résister. Mais
son agresseur aurait menacé de l'envoyer en prison.
" Elle a des traces de coups sur le corps "
Un passant la trouve à l'aube, abandonnée avec ses affaires, dans
le centre de Sangatte. Lors du passage d'une voiture de gendarmerie,
affolée, elle s'écrie, effrayée : " No police, no police ! " Le
policier a nié en bloc le viol, déclarant que l'adolescente était
consentante. Son collègue, qui a été mis hors de cause, a expliqué
au commissariat de Calais qu'il s'agissait d'un arrangement pour
faciliter le passage de l'étrangère vers l'Angleterre. Toujours
bien noté par sa hiérarchie, père de trois enfants, ce fonctionnaire
de police a été suspendu de ses fonctions. Les enquêteurs auraient
retrouvé dans sa voiture un bouton de salopette appartenant à l'adolescente.
Toujours très choquée, la jeune Africaine a finalement rejoint le
centre de Sangatte. " Elle a des traces de coups sur le corps qui
prouvent qu'elle n'était pas consentante, souligne une infirmière.
On lui explique de ne pas se sauver pour que la procédure aboutisse.
"
Franck Antson
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