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OFFICIELLEMENT, le coup de filet opéré en France a été une réussite
totale. Pourtant, en coulisse, le ministère espagnol de l'Intérieur
s'est plaint auprès de Paris de la façon dont Roger Marion, le bouillant
numéro deux de la police judiciaire (PJ), a conduit les opérations.
Car vendredi soir, au moment de l'arrestation d'Inaki de Renteria
à Bidart, plusieurs autres objectifs étaient déjà sous surveillance
des renseignements généraux (RG) grâce à des « tuyaux » de la Guardia
Civil espagnole. « La logique, explique un policier, aurait voulu
que la PJ tape simultanément. C'était à elle d'assurer les volets
opérationnel et judiciaire du dossier. » Or, les 14 autres militants
arrêtés dans cette rafle ne l'ont été que le samedi, le dimanche
et le lundi suivants. Résultat : deux suspects, dont un etarra surnommé
Kirru el Rubio, ont réussi à s'enfuir avant l'arrivée de la police,
alors qu'une planque située près de Dax (Landes) était vidée des
armes et du matériel informatique qu'elle contenait. Et il s'en
est fallu de peu pour que Maria del Rosario Delgado, recherchée
pour 18 assassinats en Espagne, ne parvienne également à échapper
aux policiers.
« C'est devenu extrêmement tendu »
Du coup, en plus de la vieille haine que lui voue la Guardia Civil,
Roger Marion s'est aussi attiré la colère noire de Bernard Squarcini,
numéro deux des RG et fin connaisseur du dossier basque. « Entre
eux, c'est devenu extrêmement tendu, s'amuse un policier. Ils ne
se parlent plus et on peut craindre certains dommages collatéraux.
» Une situation qui, de l'avis général, aurait été impensable à
l'époque de Jean-Pierre Chevènement.
St. B.
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