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LE BRAQUEUR que les gendarmes ont poursuivi samedi après-midi sur
les routes des Yvelines était un policier. Arrivé à Rocquencourt,
sur le pont de l'autoroute A 13, le fuyard a compris qu'il n'échapperait
plus à ses poursuivants. Il est alors descendu de voiture pour se
réfugier dans un bois, où il mit fin à ses jours en se tirant une
balle dans la tête avec son arme de service, un revolver Magnum
357. C'est là que les gendarmes ont découvert sur lui sa carte de
police. Le gardien de la paix Olivier Vandenbusche, 25 ans, travaillait
à l'unité de voie publique du commissariat de police urbaine de
proximité (PUP) du XXe arrondissement de Paris. L'enquête judiciaire,
confiée aux gendarmes de la section de recherches de Versailles,
a permis de reconstituer la tragique équipée de ce fonctionnaire
originaire de Dunkerque (Nord), lui-même fils d'un brigadier de
police. Vers 15 heures samedi, une cagoule sur la tête et sous la
menace de son arme, il se fait remettre le contenu des caisses d'un
Intermarché de Nogent-le-Roi (Eure-et-Loir), avant de récidiver,
peu après, dans une station-service proche de Dreux. Mais des témoins
relèvent l'immatriculation de sa voiture bleue, qui semble avoir
été volée plusieurs jours auparavant. Rebelote ensuite dans un bureau
de tabac de Maulette (Yvelines), puis à la maison de la presse de
La Queue-les-Yvelines, d'où il repart avec environ 1 000 F de recette.
C'est à ce moment que le plan Epervier est déclenché dans le secteur.
« Il semblait bizarre »
La folle course-poursuite qui s'engage alors entre lui et les gendarmes
va se terminer dans le sang à Rocquencourt, où l'on trouvera dans
son sac près de 30 000 F en liquide, provenant des quatre vols à
main armée. Reste à l'Inspection générale des services (IGS, la
police des polices parisienne), saisie d'une enquête administrative,
à rechercher l'origine de ce drame dans l'environnement personnel
et professionnel du policier. Sorti d'école en 1998, Olivier Vandenbusche
avait été immédiatement affecté en brigade de nuit au commissariat
du XXe où, dit-on, « il était très apprécié de sa hiérarchie et
de ses collègues ». Marié à une femme-policier du même arrondissement,
ce jeune homme habitant Viry-Châtillon (Essonne) était père d'un
petit garçon d'un an. Mais il était actuellement en instance de
divorce, criblé de dettes et séparé de son épouse partie vivre à
Lognes (Seine-et-Marne) avec son fils. « On voyait bien qu'il ne
tournait pas rond, confie un policier. Il semblait bizarre, perturbé,
pas vraiment dans son assiette. Il avait fait part de ses problèmes
à son chef de service, qui avait signalé son cas. Mais la seule
chose que l'administration a trouvée pour l'aider, c'est de le muter
en brigade de jour. » Gaëtane
Bossaert et Stéphane Bouchet
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