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Bavure precedente Une policière abat un père de famille menaçant
Le Parisien - Jeudi 23 novembre

UNE POLICIÈRE a abattu, mardi soir, à Nanterre (Hauts-de-Seine), un homme de 32 ans qui la menaçait avec un fusil à pompe. La jeune femme, une gardienne de la paix stagiaire âgée de 27 ans, a ouvert le feu à trois reprises, atteignant par deux fois Mohamed Belalia. Touché au thorax, ce père de famille, inconnu des services de police, n'a pas survécu à ses blessures. La policière, choquée, a été hospitalisée et placée en garde à vue. Elle a été libérée hier après-midi. L'inspection générale des services (IGS), la police des polices, est chargée de l'enquête. C'est un « différend familial » qui a provoqué ce face-à-face mortel. Mardi, vers 21 h 30, Karima, l'épouse de Mohamed, compose le 17 pour se plaindre du comportement de son mari, ivre et agressif. Trois véhicules de police filent en direction d'un immeuble plutôt tranquille de la rue Salvador-Allende, dans le quartier de Nanterre-Préfecture. Sur place, les policiers tentent de contacter la famille par l'interphone. Une voix de femme leur répond, mais la communication est aussitôt interrompue. Plusieurs agents se rendent alors sur le palier du cinquième étage, où ils auraient entendu des « cris » provenant d'un appartement. Ils frappent à la porte. Mohamed leur ouvre, un fusil à la main. Aussitôt, les gardiens de la paix se réfugient dans les escaliers. Seule une jeune femme policier, bloquée sur le palier, reste face à lui. Elle prend peur et dégaine son arme. Trois coups partent. Deux d'entre eux atteignent Mohamed, qui s'effondre, mortellement blessé. Le Samu et les pompiers ne parviendront pas à ramener à la vie cet informaticien au chômage, père d'un garçon de cinq ans.

« Elle a agi dans la panique »

« C'est un cas de légitime défense », affirme le syndicat de police Alliance, qui s'offusque que « (leur) collègue ait été placée en garde à vue ». Cette version ne convainc pas la famille de la victime. « La policière a tiré trois fois. Soit au moins deux fois de trop. Elle a agi dans la panique », lâche le frère de Mohamed, d'une voix brisée par la douleur. « L'arme de mon frère n'était pas chargée. En plus, elle n'était même pas montée correctement, il n'y avait même pas la crosse, reprend-il. Ce que les agents ont vu, c'était un morceau d'arme. » Un élément que la policière n'a, à l'évidence, pas eu le temps d'apprécier. Reste une inconnue : pourquoi ce père de famille a-t-il brandi une arme face aux policiers ? Mohamed ­ que tous ses proches appelaient Badé ­ ne présentait pas le profil du délinquant violent. « Il avait des diplômes, était passionné de photographie. Sa femme est directrice adjointe d'un magasin d'optique », souligne sa famille. Bref, un couple de la classe moyenne. « Son geste relèverait plutôt de l'appel au secours », estime un de ses proches. « Il ne buvait pas souvent, mais quand il était ivre, il avait des réactions bizarres. »

Guillaume Doyen

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