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Bavure precedente Des viols, deux suicides et des policiers en prison Marseille Bavure suivante
Le Parisien - Samedi 29 janvier

DEUX SUICIDES en dix jours et deux officiers de police mis en examen et écroués pour usurpation de fonction, intimidation de victime et faux en écritures vont peser lourd dans un dossier de viols sur mineure de 15 ans. Pour tenter de comprendre les rebondissements brutaux de cette affaire, un retour sur l'histoire s'impose. Louis Cittadino, 52 ans, devait comparaître à partir du 19 janvier devant les assises du Vaucluse, à Carpentras, pour répondre des viols qu'il a toujours niés sur la fille d'une famille aisée de Carpentras.

Plainte pour subornation de témoins

A l'époque des faits, entre 1990 et 1993, les parents avaient décidé de ne pas porter plainte à condition que ce patron influent d'une entreprise de BTP à Cadenet (Vaucluse) n'approche plus l'adolescente. Mais, régulièrement alertés par la rumeur persistante, les gendarmes avaient obtenu l'ouverture d'une enquête. La jeune femme, âgée aujourd'hui de 20 ans, reçoit alors la visite de deux policiers. Avec insistance, ils lui demandent de reconnaître une relation régulière avec Cittadino et lui conseillent fortement de le disculper. Elle dépose plainte pour subornation de témoins et Benoît Mathias, commandant du secteur centre de Marseille, et Désiré Pujas, lieutenant des renseignements généraux de Draguignan, sont identifiés, interpellés, mis en examen et écroués à Luynes (Aix-en-Provence) et aux Baumettes. Et c'est dans le cadre de cette enquête que les policiers du service d'investigations et de recherches (SIR) décident d'entendre Cittadino. Mais l'entrepreneur est hospitalisé dans une clinique d'Aubagne pour une hernie nécessitant une intervention chirurgicale. Dans sa chambre, prétextant de chercher un cachet dans son sac, il sort une arme et se tire une balle dans la bouche. C'est le premier suicide. Le second a eu lieu jeudi soir quand le docteur Léandri saute du sixième étage d'une résidence de la rue Jean-Mermoz, dans les quartiers sud de Marseille.

Trop de soupçons pour le chirurgien

Dans trois lettres à sa femme, il explique qu'il ne supportait pas qu'on le soupçonne d'avoir fait hospitaliser Cittadino pour retarder sa comparution devant les assises de Carpentras. C'est le docteur Léandri qui l'a fait admettre à la clinique Fallen d'Aubagne et qui devait l'opérer. Y a-t-il eu complaisance médicale ? Les deux avocats marseillais de l'entrepreneur de Cadenet affirment qu'il a bien subi une intervention chirurgicale et que le président de la cour d'assises avait été avisé de l'hospitalisation de leur client.

Jean-Louis Pacull

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