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DEUX SUICIDES en dix jours et deux officiers de police mis en examen
et écroués pour usurpation de fonction, intimidation de victime et faux
en écritures vont peser lourd dans un dossier de viols sur mineure de
15 ans. Pour tenter de comprendre les rebondissements brutaux de cette
affaire, un retour sur l'histoire s'impose. Louis Cittadino, 52 ans, devait
comparaître à partir du 19 janvier devant les assises du Vaucluse, à Carpentras,
pour répondre des viols qu'il a toujours niés sur la fille d'une famille
aisée de Carpentras.
Plainte pour subornation de témoins
A l'époque des faits, entre 1990 et 1993, les parents avaient décidé
de ne pas porter plainte à condition que ce patron influent d'une entreprise
de BTP à Cadenet (Vaucluse) n'approche plus l'adolescente. Mais, régulièrement
alertés par la rumeur persistante, les gendarmes avaient obtenu l'ouverture
d'une enquête. La jeune femme, âgée aujourd'hui de 20 ans, reçoit alors
la visite de deux policiers. Avec insistance, ils lui demandent de reconnaître
une relation régulière avec Cittadino et lui conseillent fortement de
le disculper. Elle dépose plainte pour subornation de témoins et Benoît
Mathias, commandant du secteur centre de Marseille, et Désiré Pujas, lieutenant
des renseignements généraux de Draguignan, sont identifiés, interpellés,
mis en examen et écroués à Luynes (Aix-en-Provence) et aux Baumettes.
Et c'est dans le cadre de cette enquête que les policiers du service d'investigations
et de recherches (SIR) décident d'entendre Cittadino. Mais l'entrepreneur
est hospitalisé dans une clinique d'Aubagne pour une hernie nécessitant
une intervention chirurgicale. Dans sa chambre, prétextant de chercher
un cachet dans son sac, il sort une arme et se tire une balle dans la
bouche. C'est le premier suicide. Le second a eu lieu jeudi soir quand
le docteur Léandri saute du sixième étage d'une résidence de la rue Jean-Mermoz,
dans les quartiers sud de Marseille.
Trop de soupçons pour le chirurgien
Dans trois lettres à sa femme, il explique qu'il ne supportait pas qu'on
le soupçonne d'avoir fait hospitaliser Cittadino pour retarder sa comparution
devant les assises de Carpentras. C'est le docteur Léandri qui l'a fait
admettre à la clinique Fallen d'Aubagne et qui devait l'opérer. Y a-t-il
eu complaisance médicale ? Les deux avocats marseillais de l'entrepreneur
de Cadenet affirment qu'il a bien subi une intervention chirurgicale et
que le président de la cour d'assises avait été avisé de l'hospitalisation
de leur client.
Jean-Louis Pacull
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